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LE SOU DE LA PENSÉE FRANÇAISE

pulations ralliées de l’Alsace ou de la Pologne prussienne, — ne pouvaient parler de nous et de notre entreprise qu’une écume bovine à la bouche. Donc, le nom même du mouvement a été auprès d’un certain nombre un premier obstacle.


À propos de processions


Nous avons eu contre nous les partisans du vieil état de choses. Et nous ne voulons pas ici parler de quelques vénérables ganaches qui, évincées de la direction de la Société Saint-Jean-Baptiste de Montréal par une jeunesse lasse de leur gnangnan, ont porté discrètement jusqu’au francophobe Herald leurs doléances séniles ; mais de tous ceux, jeunes et vieux, qui regardent comme une tradition sacrée la manière dont on a fêté par le passé la Saint-Jean.

Dans la circulaire où j’annonçais aux membres de la Société de Montréal l’institution du Sou de la Pensée française, je disais :

« La fête ne consistera pas en processions et en feux d’artifice ; nous croyons que, pour les races menacées dans leur existence, ces manifestations ont quelque chose de puéril, qui ne sert qu’à susciter la pitié dédaigneuse des autres races ; que c’est dans le recueillement que les groupements techniques comme le nôtre doivent mûrir leurs résolutions et chercher les moyens de les accomplir ».

Il eût peut-être mieux valu dire :

« La fête ne consistera pas uniquement en processions et en feux d’artifice. Ces manifestations, lorsqu’elles ne sont pas accompagnées d’œuvres pratiques, ont quelque chose de puéril… »

Aucun esprit ouvert, cependant, ne pouvait se tromper sur mon intention ; en soi, qu’est-ce que le progrès de la pensée française peut avoir à craindre d’un défilé digne et bien ordonné, ou des