Page:Auclert - Égalité sociale et politique de la femme et de l'homme, 1879.pdf/14

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Ainsi, économiquement, civilement, politiquement, nous n’existons pas : et c’est nous qui donnons la vie et c’est nous seules qui permettons à la civilisation de s’implanter. Nous protestons contre la situation de mortes civiles, de dégradées d’origine qui nous est faite.

Nous proclamons comme vous, citoyens, le principe de l’égalité humaine, nous entendons par là non seulement l’égalité de tous les hommes entre eux, mais encore l’égalité des hommes et des femmes. Nous voulons pour elles comme pour vous, l’instruction intégrale, les mêmes facilités de développement physique, moral, intellectuel, professionnel. Nous voulons pour les femmes, comme pour les hommes, liberté de conscience, liberté d’opinion, liberté d’action.

Nous réclamons pour les femmes, comme pour les hommes, l’indépendance économique, la production facile pour tous et la garantie pour chacun du produit intégral de son travail, quel que soit ce travail.

Nous voulons pour les femmes, comme pour les hommes, voix délibérative dans la commune, dans l’État, ou dans le groupe ; parce que les femmes comme les hommes, sont intéressées aux lois et réglements qui se font ; parce que les femmes payant les impôts ont autant de droits que les hommes d’exiger une bonne répartition de ces impôts ; parce que dans une vraie République, il n’y a plus de privilégiés, il n’y a que des intéressés qui, se soumettant aux mêmes devoirs, doivent posséder les mêmes droits.

Il y va de votre intérêt, électeurs, de ne plus vous contenter de cette hypocrisie prud’hommesque, clichée sur tous les programmes des candidats à la députation, aux Conseils généraux et municipaux : — « Guerre au cléricalisme ! » Exigez des ré-