Page:Auclert - Égalité sociale et politique de la femme et de l'homme, 1879.pdf/15

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formes sociales et parmi elles, une des premières : La reconnaissance de notre égalité sociale et politique. Il faut qu’à l’instar des héritiers de la Révolution, qui montraient les tables des droits de l’homme aux libérâtres de l’époque ; leur demandant : signeriez-vous cela ? Il faut que vous, prolétaires, vous présentiez la table des droits de la femme aux candidats. Ce sera un critérium pour reconnaître à l’avance, les opportunistes, les traîtres du lendemain.

Quiconque méconnaîtra les droits des femmes, méconnaîtra quand il n’en aura plus besoin, pour escalader le pouvoir — les droits des prolétaires.

Nous nous adressons à vous prolétaires, comme à nos compagnons d’infortune, pour appuyer notre droit à sortir de la servitude.

Vous êtes électeurs, vous avez la puissance du nombre, tous vous êtes femmes par le cœur, vous êtes nos frères. Aidez-nous à nous affranchir.

Vous admettez le vote pour les despotes, les prêtres, les soldats, oiseaux de proie affamés de carnage. Vous les distinguez même dans la foule pour leur donner avec le mandat de vous conduire, quelque fois celui de vous assassiner.

Et aux femmes créatrices, aux femmes amies de l’humanité, vous refusez de donner voix au chapitre de vos destinées.

Vous dites : la femme est trop cléricale. Est-elle plus cléricale que les prêtres, les Jésuites, les religieux de tous ordres qui votent ? La femme, si elle se confesse, est-elle plus cléricale que les hommes, qui logent et payent confessionnaux et confesseurs ? Est-ce la femme enfin qui se fait prêtre ? Je dis moi, que ceux qui entretiennent le clé-