Page:Auclert - Égalité sociale et politique de la femme et de l'homme, 1879.pdf/7

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celle de l’homme. Quand en 1789 Olympe de Gouges présenta aux États-généraux au nom des femmes, son cahier de doléances et de réclamations, il lui fut répondu qu’il était inutile d’examiner la condition de la femme, attendu qu’un changement complet devant se faire dans la société, les femmes seraient affranchies comme l’homme.

La Révolution éclate : On proclame les droits de l’homme ; les femmes restent serves. Ces femmes qui avaient travaillé à la Révolution croyaient naïvement avoir conquis leur part de liberté. Quand elles se virent tenues à l’écart de tout, elles réclamèrent. Alors, elles furent ridiculisées, bafouées, insultées et, plus tard, quand elles allèrent revendiquer leurs droits auprès du Conseil de la commune, chassées ignominieusement par Chaumette. Ces femmes indignées protestèrent, elles eurent un club, où elles s’occupaient en même temps que de leurs droits particuliers, des intérêts communs à tous.

La Convention, la grande Convention, ferma leur club et vota la défense aux femmes de s’assembler pour s’occuper des affaires publiques.

Et, en même temps que ces révolutionnaires autocrates décrétaient l’inégalité de la femme, ils faisaient entendre jusqu’au bout du monde les mots sonores d’Égalité, de Liberté !

Un autre exemple peu fait pour inviter les femmes à la confiance.

Le sort de l’homme changé, on sent le besoin de soumettre la France à une législation nouvelle ; on promulgue le Code : Ouvrons-le : nous y lirons ceci : Tout Français jouira de ses droits civils. Tout Français jouira de ses droits civiques (1848). Tout Français pourra être appelé à telle fonction,