Page:Austen - La Famille Elliot T1.djvu/226

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dernes, entre autres de Scott et Byron, cherchant à les comparer, à savoir à laquelle de leurs productions miss Elliot donnait la préférence. Marmion, la Dame du Lac, Giaour, le Siège de Corinthe, etc., etc., furent analysés, et devinrent le sujet d’une discussion animée. Bentick les savait presque par cœur ; il en récita plusieurs passages, admirant tour-à-tour la douce sensibilité de Scott et ses charmantes descriptions de la nature, et avec plus d’enthousiasme encore, et d’une voix tremblante d’émotion, celles d’un cœur brisé par la douleur, d’un esprit succombant sous le poids du malheur et de la mélancolie, que Byron a décrit d’une manière si sublime. Il était évident que ce pauvre jeune homme se nourrissait de tout ce qui avait quelque rapport à sa situation, et qu’il entretenait ainsi ses souvenirs et ses regrets dans toute leur vivacité. Alice comprit bientôt que personne ne cherchait à le distraire et à donner un autre cours à ses idées et à ses lectures ; elle eut le désir et l’espoir de lui être utile, en lui suggérant de faire quelques efforts pour surmonter son affliction. Cette conversation semblait plutôt l’augmenter ; plus d’une fois, dans ses citations poétiques, elle vit ses yeux mouillés