Page:Austen - La Famille Elliot T1.djvu/252

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Cette page a été validée par deux contributeurs.


exclamations de désespoir ; mais enfin le capitaine Wentworth se recueillit, et dit avec fermeté.

« Il faut se décider, sans perdre un temps précieux ; chaque minute a sa valeur ; il faut qu’un de nous parte à l’instant : Charles, qui sera-ce de vous ou de moi ? »

Charles déclara qu’il voulait rester : Il donnerait, disait-il, le moins d’embarras possible aux Harville ; mais il ne pouvait se résoudre à laisser sa sœur entre la vie et la mort. Henriette pensait de même ; cependant Charles et Wentworth la firent changer d’avis, en lui représentant qu’étant entièrement inutile à Louisa tant qu’elle était dans cet état d’insensibilité, son premier devoir était d’aller auprès de sa mère, pour lui aider à supporter sa douleur ; si elle ne voyait ni l’une ni l’autre de ses filles, elle serait dans un désespoir qui lui coûterait peut-être la vie. Henriette, qui ne pouvait même regarder sa sœur sans fondre en larmes, finit par convenir qu’elle lui ferait plus de mal que de bien, qu’elle serait tourmentée pour ses parens, et qu’il valait mieux aller d’abord auprès d’eux, et revenir près de sa sœur quand elle serait plus en état de la soigner.