Page:Austen - La Famille Elliot T1.djvu/60

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Après une courte pause, sir Shepherd se hasarda à dire respectueusement qu’il y avait dans de tels traités des usages établis qui rendaient très-facile un accord entre le propriétaire et le locataire. « Vos intérêts, sir Walter, ajouta-t-il, sont en bonnes mains ; fiez-vous à moi pour n’accorder rien au delà de ce qu’il faut absolument. J’ose dire que sir Walter Elliot ne peut être plus jaloux de la conservation de ses propriétés que John Shepherd, son très-humble serviteur. »

Cette fois sir Walter fit un sourire approbateur, mais garda le silence. Ce fut Alice qui le rompit.

« Notre glorieuse marine, dit-elle, a tant fait pour nous et pour la gloire de notre patrie, que les braves officiers qui la commandent ont au moins un droit égal au bien-être et aux priviléges qu’on peut accorder ; plus leur état est dur et pénible, plus ils sont privés pendant leur service des commodités d’une habitation, plus on doit se trouver heureux de la leur donner quand ils peuvent en jouir. » Ici la voix d’Alice baissa, et elle étouffa un soupir.

« Très-vrai, s’écria Shepherd, très-bien dit ; miss Alice a grandement raison. — Ah !