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Page:Bader - La Comtesse Jeanne, 1887.pdf/36

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LA COMTESSE JEANNE.

bas. Dans l’épreuve, dans la déception, dans l’âpre douleur,

Ainsi que Béatrix, en regardant les cieux,
Y portait du poète et le cœur et les yeux[1],
Nous, l’âme et le front hauts, regardons la Madone,
Elle nous montrera la sphère où l’on pardonne,
Où l’on aime, où l’on prie, où l’on chante, où l’on croit,
Où, séparés un jour, à jamais l’on se voit.

C’est par cette grave et religieuse inspiration, par cet appel à la prière que j’ai voulu achever la lecture de ces poèmes où vibrait naguère l’écho des luttes héroïques, mais qui déjà célébraient plutôt le deuil de la gloire que l’éclat du triomphe.

En étudiant ces poèmes, la plupart manuscrits, quelques-uns imprimés pour un cercle ami, c’est la vie même de la comtesse Jeanne qui m’est apparue. Aussi n’est-ce qu’en respectant l’incognito de l’auteur que j’ai pu


  1. Beatrice in suso, ed io in lei guardava.
    Dante, Del Paradiso, canto II.

    Beatrix regardait en haut, et moi je regardais en elle.