Page:Balzac, Chasles, Rabou - Contes bruns, 1832.djvu/195

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»Point de réponse.

» — Est-ce dans votre voyage de Londres à Bath ?

»Même silence.

» — Répondez-moi, malheureuse femme ; je voudrais pour tout au monde vous arracher au coup de l’infamie qui vous flétrit. Répondez !

»A ces mots je me levai ; elle se leva aussi, étendit ses bras vers moi, puis laissa échapper un éclat de rire convulsif, mouvement si terrible, si hideux à voir, et accompagné d’un cri si aigu que vous auriez frémi, que je tremble encore d’horreur en me le rappelant. Puis elle me contempla un instant d’un air solennel, et tomba par terre. Je commandai au domestique de la porter dans sa chambre. Un reste de tendresse me parlait pour elle ; je pris soin d’elle, et aussitôt qu’elle eut repris l’usage de ses sens, je sortis pour me rendre chez son père. C’est un plus des vénérables vieillards de la pairie anglaise ; homme froid, d’une probité à toute épreuve, et d’une rare hauteur de raison. J’étais si