Page:Balzac, Chasles, Rabou - Contes bruns, 1832.djvu/394

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son vif mouvement, que je lui pardonnai presque les atroces combinaisons médités pour tuer et ensevelir toute mémoire de ces événemens.

Il me serra la main lorsque j’eus achevé de boire ; puis, après avoir laissé échapper un mouvement convulsif, il enveloppa lui-même soigneusement les débris de son enfant ; et quand, après deux heures de soins et de craintes, nous eûmes, la camariste et moi, recouché sa maîtresse, il me serra de nouveau les mains, et mit à mon insu, dans ma poche, des diamans sur papier. Mais, par parenthèse, comme j’ignorais le somptueux cadeau de l’Espagnol, mon domestique me vola ce trésor le surlendemain, et s’est enfui nanti d’une vraie fortune.

Je dis à l’oreille de la femme-de-chambre, et bien bas, les précautions qui restaient à prendre ; puis je manifestai l’intention d’être libre. La camariste resta près de sa maîtresse, circonstance qui ne me rassura pas excessivement ; mais je résolus de me tenir sur mes gardes. L’amant fit un paquet de l’enfant mort et des linges teints du sang de sa maîtresse ; puis il le serra fortement, le cacha sous son manteau ; et, me passant la main sur les yeux comme pour me dire de les fermer,