Page:Balzac, Chasles, Rabou - Contes bruns, 1832.djvu/46

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ors. Ils pouvaient être philanthropes sans danger. Je me mis à manger en m’asseyant sur une botte de fourrage.

Au bout de la table, du côté de la porte par laquelle on communiquait avec la petite pièce pleine de paille et de foin, se trouvait mon ancien colonel, un des hommes les plus extraordinaires que j’aie jamais rencontrés dans tout le ramassis d’hommes qu’il m’a été permis de voir. Il était Italien. Or toutes les fois que la nature humaine est belle dans les contrées méridionales, alors elle est sublime. Je ne sais si vous avez remarqué la singulière blancheur des Italiens quand ils sont blancs…

— Cela est bien vrai, s’écria une dame ; les cheveux noirs et bouclés d’une tête italienne en font valoir le teint, et il y a dans le caractère de la beauté transalpine je ne sais quelle perfection inexplicable…

— Bien, ma chère, dit la maîtresse du logis ; allez, allez…

L’imprudente interlocutrice rougit et se tut.

Il y avait toute une révélation dans ce peu de paroles, dites avec une vivacité décente qui peignait les profondes observations de l’amour.