Page:Barbey d’Aurevilly - À côté de la grande histoire, 1906.djvu/165

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.


L’Empereur Napoléon Ier, qui aurait résolu ce problème s’il était venu à bout des coalitions qui l’ont renversé, l’a laissé dans son héritage, et un jour, jour prochain peut-être, le législateur avisera.

Mais en pleine révolution, quand les capitales des provinces, têtes somnolentes comme les fameux pavots qui tombèrent sous la baguette de Tarquin, avaient été abattues par la Convention, ce Tarquin monstre à trois cents baguettes, — qui coupait tant de têtes et qui n’en avait pas, — ce n’était pas une poignée de rhéteurs en fuite qui pouvait résoudre de haute lutte le problème que Napoléon Bonaparte a laissé pendant derrière lui.

III

Tel était, en effet, le groupe de ces hommes qui voulurent et tentèrent de ranimer ces villes dont la vie, absorbée par Paris, depuis longtemps s’était retirée. Ils échouèrent, et ils devaient échouer. Selon la loi de toute révolution populaire, celle qui eut son prodrome à la prise de la Bastille et son épilogue au 9 thermidor était déchirée en deux parts lorsque le mouvement dit du Fédéralisme se produisit en 1793 ; et comme Caen, dit Vaultier, fut une des villes de France