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TRAGEDIE.


Scène II.

TOMYRIS, ARYANTE, ORONTE.



Tomyris.


DU deſtin de Cyrus qui vous a fait l’arbitre ?
De grace, expliquez-vous. Dites-moi par quel titre,
Au mépris de mon rang, de mon autorité,
Sur ſa vie, à mes yeux, vous avez attenté ?


Aryante.

Hé, ſur quoi fondez-vous cette injuſte colere ?
Cyrus nous a privés, vous d’un fils, moi d’un frere ;
Et lorſqu’entre mes mains le Ciel remet ſon ſort,
Il ne m’eſt pas permis de lui donner la mort ?
Spargapiſe erre encor ſur le rivage ſombre.
Cyrus ſacrifié doit appaiſer ſon ombre,
Puiſqu’un même interêt nous en fait une loi,
Qu’importe qui l’immole, ou de vous, ou de moi ?


Tomyris.

Vous parlez d’immoler !… O Ciel ! qu’oſez-vous dire ?
Songez-vous de Cyrus combien vaſte eſt l’empire ?
Combien de Rois unis fondroient ſur nos Etats ?
Combien de bras enfin vengeroient son trepas ?
Que dis-je ? de Cyrus la redoutable Armée