Page:Barrès - La Colline inspirée, 1913.djvu/102

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d’architecte à coller des feuilles de papier de paille.

— Monsieur Vintras ? demanda-t-il.

— C’est moi, dit le petit homme. Et vous, vous êtes monsieur l’abbé Baillard.

Léopold avait une finesse paysanne. Il comprit aussitôt que le baron ayant appris son nom à l’hôtel dès la veille, était venu l’annoncer à Vintras. La brusquerie de l’accueil lui donna une sensation de charlatanisme qui lui fit répondre avec brusquerie :

— Eh bien ! quand je le serais ?

— Vous l’êtes… Et je sais ce qui vous amène ici… Mais du moment que vous avez les pensées que je lis dans votre âme, ce n’était pas la peine de venir : l’Esprit ne vous parlera pas.

— Quelles pensées ai-je donc ? Vous ne les connaissez pas, dit Baillard qui, habitué à commander, supportait impatiemment un tel accueil.

Il avait ressenti la même irritation quand il avait comparu devant son évêque. Seulement il l’avait domptée, parce que l’évêque lui parlait au nom de l’Église. Mais de quel droit le prenait-il de si haut, cet ouvrier qui n’était même pas consacré, et qui continuait avec une insolence supérieure à étaler tranquille-