Page:Barrès - La Colline inspirée, 1913.djvu/113

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paysans. On admirait comme les chères sœurs et les deux frères avaient bien travaillé le jardin. Et c’était vrai, les pommes de terre étaient magnifiques et les choux donnaient les plus belles espérances.

— Ah ! le pauvre cher homme, soupira Mme Mayeur pensant à Léopold, va-t-il être content en voyant son beau jardin !

Cependant, le long de la grande allée, les mains croisées derrière le dos avec une dignité villageoise, le maître d’école et M. Haye se promenaient en causant.

— Monsieur le Supérieur va rentrer dans une Sion bien réduite, disait avec un soupir M. Morizot.

— Peuh ! répondit M. Haye, les cinq religieuses leur sont dévouées ; ils ont les deux frères, bien vigoureux. À eux sept, voyez, ils ont pas mal travaillé le jardin.

— Sans doute, voilà des pommes de terre pour leur hiver, mais entre nous, ce n’est pas dans leur champ qu’elles ont poussé…

— Que voulez-vous dire, Morizot ? interrompit M. Haye en arrêtant ses yeux francs sur le visage un peu chafouin du maître d’école.

Ce que vous savez comme moi. Pour échapper aux créanciers, Léopold a tout mis