Page:Barrès - La Colline inspirée, 1913.djvu/115

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la famille pour une messe du bout de l’an, après un décès. Mais quand la voiture parut, ce fut tout de suite, un changement.

— Bonnes nouvelles ! criait François en agitant son chapeau.

Il sembla qu’un courant d’air balayait le brouillard, et, dans le même moment, Bibi Cholion sonnait la cloche pour avertir les gens occupés dans les champs du retour de leur pasteur.

Léopold, beau comme un évêque, tendait les mains à droite, à gauche, solide, et tout rayonnant de merveilleuses espérances. Quirin, François, Thérèse, en sautant à terre avant lui, disaient de toutes les manières :

— Bonnes nouvelles, bonnes nouvelles ! comme des chasseurs qui rentrent avec leurs carniers pleins.

Quelles étaient ces bonnes nouvelles qui transfiguraient les Baillard ? Ni le maire, ni M. Haye, ni M. Morizot ne posèrent de questions : c’étaient des paysans bien élevés, et puis Léopold savait maintenir des distances entre lui et les plus fidèles de ses paroissiens. Sous les tilleuls devant l’église, on avait porté le fauteuil où s’asseyait dans ses tournées de confirmation Monseigneur de Nancy. Léopold y prit place et commença de poser des