Page:Barrès - La Colline inspirée, 1913.djvu/123

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d’un nouvel ordre de femmes, peut-être le seul qui existera dans le nouveau règne de Jésus-Christ. Ce sera la Congrégation des Dames libres et très pieuses du miséricordieux amour du Cœur divin de Jésus. Désormais notre sœur s’appelle Madame Léopold-Marie-Thérèse du Saint-Esprit de Jésus. Et moi, qu’est-ce que je suis ? Je suis établi Pontife de Sagesse.

Pontife de Sagesse ! Sur ces mots, François éclata d’un gros rire.

— Vous êtes bien étonnés ! Je l’ai été plus que vous. Mais le prophète m’a dit : « On vous a appelé fou, parce que vous étiez fou de la folie de Jésus-Christ. » En voilà des merveilles !

Ce fut un transport d’admiration. Les sœurs et les frères se pressaient avec délice à l’entrée de cette vie de félicité, sans aucun étonnement car la sainte Vierge devait bien ces rétributions au zèle de son serviteur Léopold, mais avec une jubilation de spectateurs que le drame satisfait. Assise aux pieds de François, la chienne Mouya participait joyeusement au tapage. Elle ne le perdait pas des yeux et, sans souci des paroles, à chaque fois que l’orateur lançait le bras en avant, elle s’élançait elle aussi, comme pour happer un