Page:Barrès - La Colline inspirée, 1913.djvu/161

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singulières besognes. Le grand François errait dans les ruines de Vaudémont, tenant du bout des doigts la chaîne de sa montre balancée. Il attendait qu’elle lui révélât les trésors enfouis des anciens seigneurs du donjon. Quant à Quirin, une baguette de coudrier dans les mains, il cherchait une source sur la partie désertique du plateau, autour de « l’arbre penderet ».

La colline apparaissait au loin comme le plus rare des tréteaux, où des scènes de miracle se joignaient à une véritable comédie. Et pour achever d’intéresser le populaire, voici que des effets de drame s’annonçaient. Des nuages gros de menaces accouraient vers Sion, et tout le pays disait que l’évêque allait interdire les trois frères.

Un jour, sœur Thérèse, qui souffrait d’une rage de dents, se rendit à Vézelise, en compagnie des sœurs Euphrasie et Lazarine, pour consulter le docteur Contal. Mais d’abord toutes trois entrèrent chez l’épicier. La servante du curé s’y trouvait.

— Bonjour, mademoiselle Mélanie, lui dirent-elles le plus civilement du monde.

— Bonjour, mesdemoiselles, répliqua l’autre, qui leur fit sa révérence, et sans plus leur tourna le dos.