Page:Barrès - La Colline inspirée, 1913.djvu/173

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et qu’un regard plein d’âme ait paru répondre à son regard, et qu’une sœur céleste soit venue vers lui pour le guider aux régions du sublime. La jeunesse et la beauté ne songent pas à faire leurs cruels miracles dans le cercle de ce paysan, qui porte au front le signe du sacerdoce éternel. Léopold reste obsédé par les seuls problèmes de son état. La grande et l’unique affaire demeure pour lui de saisir le problème divin du monde. Il ne va pas en demander la solution au plaisir, à la volupté d’un cœur qui se brise, à l’éclair d’un tendre visage. Le dur rêveur est rempli de confiance, a repris avec plus de force son bâton de route pour le voyage de la terre au ciel, parce qu’il a reçu de Vintras un mythe à sa portée, le mythe pour lequel il avait été conçu.

Dans un tel enivrement, que pouvait faire à Léopold le soulèvement de tout le pays, que pouvait lui faire l’interdiction ?

Elle éclata contre les trois frères vers la fin de l’année.

À l’heure même où l’évêché décrétait la sentence, Léopold se promenait avec sœur Thérèse sur le plateau. Il calculait le moment et priait Dieu, disant :

— Je ne sens pas le coup d’une houlette brisée.