Page:Barrès - La Colline inspirée, 1913.djvu/227

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et les broussailles, précédés d’un drapeau et d’un clairon qui sonnait la charge, et chacun d’eux brandissant un échalas de vigne. Dès qu’ils aperçurent le grand François, ils poussèrent des clameurs sauvages et ramassèrent des pierres. Le Pontife d’Adoration jugea prudent de battre en retraite. À peine avait-il fermé la porte du couvent derrière lui qu’une grêle de projectiles s’abattait contre, et peu après des coups de bâton faisaient éclater les vitres, cependant que de jeunes figures animées de vaillance se hissaient le long du mur avec une agilité et une malice toutes simiesques. C’étaient les enfants de la première communion de Vézelize qui, pour lendemain de fête, s’en venaient en pélerinage, conduits par le vicaire, et tout brûlants d’ardeur religieuse jouaient contre les Baillard la prise de la Smala d’Ald-el-Kader.

La congrégation eut bien du mal repousser ce premier assaut. Heureusement on sonna la messe, et toute la bande s’y rendit. Sur l’ordre de Léopold, François les rejoignit, assista à l’office, et sur le parvis, à la sortie, s’adressant à quelques parents qui avaient accompagné les enfants, il essaya de leur faire honte. On lui répondit grossièrement :

— Des excommuniés ! Est-ce que ça compte, ça ?