Page:Barrès - La Colline inspirée, 1913.djvu/245

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adversaire ? Qu’il approche de moi. Le Seigneur Dieu est mon secours. Qui osera me condamner ?

Dans le couvent c’était une panique. Les sueurs prises d’épouvante s’enfuirent d’abord dans la chambre à lard, puis réfléchirent, inventèrent toute une comédie. Sœur Euphrasie courut se coucher comme si elle était malade ; sœur Quirin s’assit auprès d’elle en jouant l’infirmière, et sœur Lazarine se cacha derrière le lit. La bonne sœur Marthe alla dans l’étable tenir société à la vache. Thérèse, elle, continua de prier devant la Vierge, dans l’église du pèlerinage.

On sut bien vite sur toute la colline l’arrivée de M. Libonom. Le déménagement fut suspendu, et les fidèles, hommes, femmes, jeunes garçons et jeunes filles se dirigèrent en hâte sur le couvent.

Cependant Quirin, sur le seuil, disait à M. Libonom qu’il était six heures passées et qu’il n’avait plus le droit d’instrumenter.

— Pardon, cher Monsieur, répliqua l’huissier en tirant sa montre. Il est six heures moins trois minutes, nous pouvons entrer jusqu’à six heures, et, une fois dans la place, nous agissons aussi longtemps qu’il nous convient.