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CHAPITRE XV


LÉOPOLD SUR LES RUINES DE SION


Une heure après son arrivée, Léopold gravit la colline de Sion. Là-haut, son couvent l’appelle. Il défend qu’on le suive, il laisse au village la petite communauté et s’achemine tout seul, vers le soir, sur les pentes sacrées.

Quel spectacle l’attendait ! De la ruine et du sublime. Le plateau avait repris sa dignité religieuse. A l’infini, l’immuable et magnifique horizon, rempli du repos de l’été, avec ses villages et ses moissons, entourait gravement la colline, et toute cette nature silencieuse semblait adorer son lieu saint. Sous les feux du couchant, la petite plate-forme avait l’aspect croulant et hiératique des sanctuaires de la vallée du Nil. On y réentendait