Page:Barrès - La Colline inspirée, 1913.djvu/74

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représentée vêtue de l’étole et du manipule, ornements réservés aux prêtres, mais que la prieure des Chartreusines a le privilège de porter deux fois, le jour de son installation et sur son lit mortuaire. Et cette image lui en rappelle une autre infiniment agréable à son esprit, plus précieuse que tout ce qu’il a laissé derrière lui, où il met toute sa confiance dans l’avenir, l’image de sœur Thérèse, la première de ses quêteuses, celle qui sur la colline fut favorisée d’un miracle.

Que d’injustes méfiances et de persécutions ces personnages vénérés n’ont-ils pas dû souffrir dans l’Église même et du fait de leurs supérieurs hiérarchiques ! Mais pour eux comme pour Job, l’heure de la justice, un jour, a sonné. Et l’esprit de Léopold, ramené au texte biblique, se délecte du dernier verset :

Jehovah bénit les derniers temps de son serviteur plus encore que ses premiers temps, et il posséda quatorze mille brebis, six mille chameaux, mille paires de bœufs et mille ânesses. Et il eut sept fils et trois filles…

L’office a cessé, les religieux regagnent leurs petites maisons. Léopold dit à ses frères :

— Suivez-moi dans ma chambre.