Page:Bascan - Monologues Normands pour ceux qui veulent rire, 1903.djvu/11

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AVANT-PROPOS


Ce modeste ouvrage s’adresse à ceux qui veulent rire et aussi à ceux qui veulent s’instruire. Aux uns et aux autres, je demande la permission de présenter quelques remarques.

Chaque hiver, les Élèves-Maîtres de l’École normale d’Instituteurs de Caen ont l’habitude de donner à leurs parents, à leurs maîtres et à leurs amis une séance littéraire et musicale. Cette année, par exception, nos Élèves éprouvèrent de la difficulté à composer leur programme. Certains d’entre eux vinrent me dire : « Monsieur, nous sommes très ennuyés : nous ne trouvons pas ce qu’il nous faut pour faire rire nos invités comme nous voudrions. Vous seriez bien aimable de nous écrire quelque monologue. »

Ce mot de monologue me rappela tout à coup le temps déjà lointain où, pour soutenir notre renom de gaieté chez nos voisins d’Outre-Manche, je récitais des monologues dont j’étais le téméraire auteur ; des monologues en français, bien entendu, que mes auditeurs londoniens applaudissaient sans doute parce qu’ils leur donnaient l’illusion de connaître notre langue dans ses nuances les plus fines.

Ce souvenir m’étant agréable, j’écrivis l’amusante histoire d’une Visite chez le Médecin. Traduite en patois des environs de Pont-L’Evêque et dite avec un naturel parfait par M. Pouchin, elle remporta un tel succès que plusieurs personnes, après en avoir ri de bon cœur, la demandèrent à des libraires : leur désappointement fut vif lorsqu’elles apprirent que l’histoire ne se vendait pas.

Comme j’aime à contribuer au plaisir de mes contemporains, je conçus l’idée d’autres récits normands pour « les bons gars d’Normandie et d’aut’ part. »

Ces récits, tirés en général d’observations personnelles, de conversations entendues en chemin de fer, à la camp-