Page:Bataille - Théâtre complet, Tome 7, 1922.djvu/215

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OSTERWOOD.

Mais celle-ci est sincère. Elle m’inpressionne, — et j’aime cette mise en scène de la sincérité ! Je pressens un mystère troublant sous tout ceci !


LA PRINCESSE ÉLÉONORE, (tout à coup.)

Je désire qu’on me laisse seule avec cette enfant : j’ai quelques mots à lui dire en particulier… Vous la féliciterez tout à l’heure, au dîner. Vous aurez le temps… Je monterai avec elle, Madame de Marliew et la comtesse Stéphanie dans la voiture. Vous autres redescendez, vous êtes tous des jeunes gens et vous serez en bas avant nous… Qu’on nous laisse… Je la garde…

(Thyra, étonnée, considère la princesse Éléonore. On s’est écarté d’elle avec déférence, sur l’ordre de la princesse adressé avec une autorité sans réplique.)

LA DUCHESSE D’OSQUE.

All right !… (À Philippe.) Que veut la princesse ?


THYRA, (retient Lignières et, à voix basse.)

Lignières… deux mots. Vous m’avez dit que vous n’aviez pas peur, que vous ne redoutiez aucune situation.


LIGNIÈRES.

Je suis prêt à vous le prouver !


THYRA.

Eh bien, je ne descendrai pas avec la princesse en voiture. Voulez-vous me rejoindre ici dans cinq minutes ?


LIGNIÈRES.

Comment le pourrai-je ?


THYRA.

Revenez sur vos pas.


LIGNIÈRES.

Je suis à votre entière discrétion, disposez de ma personne. C’est une dette contractée.