Page:Bataille - Théâtre complet, Tome 7, 1922.djvu/218

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.


un an, je connais !… On met ensuite une touffe de fleurs pour cacher ça !… Jamais ! Le nom fatal n’est jamais prononcé, ni par Philippe ni par ma mère.


LA PRINCESSE ÉLÉONORE.

Est-ce un mot d’ordre ? Mais, votre mère ?


THYRA.

Je me suis toujours arrangée pour lui cacher la vérité… Elle a des craintes, peut-être, aucune certitude…


LA PRINCESSE ÉLÉONORE.

Non !… Ce n’est pas possible !… Une mère ne peut ignorer, que sa fille… Je me refuse à le croire !… Je sais bien que vous êtes resplendissante de beauté…


THYRA, (à voix basse, presque peureuse.)

Oui, mais ça marche, là-dedans ! (Elle frappe sa poitrine.) La dame est là… là, où les docteurs frappent leurs petits coups… Tenez, quand j’allonge le bras, il prend un caractère atteint : c’est la période intéressante… Les jambes sont encore bien, seulement on commence à voir les muscles du genou… J’étouffe toujours, malgré le ciel bleu, l’air pur !… La fièvre… les prostrations… Mais c’est trop dégoûtant à vous raconter !

(Elle éclate de rire…)

LA PRINCESSE ÉLÉONORE.

Et vous riez… Vous avez donc en vous une telle réserve de courage !


THYRA.

Il faut tendre les cordes de sa lyre de toutes ses forces !… Je me suis précipitée dans le seul refuge possible, le mysticisme de la beauté !… Mais, hélas ! hélas ! la beauté extérieure, la grande