Page:Bataille - Théâtre complet, Tome 8, 1922.djvu/344

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ÉMILIE.

Quels objets ?


HONORINE.

Des accessoires de cotillon, un coupe-papier qu’il m’avait donné, représentant, je crois, une plume de coq terminée par un cachet… Où diable ai-je pu fourrer ça ?… Tiens, ça m’aurait distraite, puisque je ne sors pas ce soir et que je suis si triste, de refouiller un peu là dedans… de remuer ces choses…. Ça vaudra mieux que de feuilleter des partitions… attends !… Va donc voir, je te prie, sur le dernier rayon de l’armoire grise, dans le petit cagibi… Tu regarderas s’il n’y a pas un vieux carton à chapeaux sur lequel tu liras au crayon le nom de la propriété « Argentiès ». (Elle détache une clef d’un trousseau.) Tiens, voilà la clef. Tu me diras en même temps ce que fait Henriette… si elle est sortie ou si elle est dans sa chambre. C’est plus important. (Une fois Émilie sortie, Honorine prend sur sa petite table, près de sa chaise longue, le téléphone et, debout, elle parle.) Passy 34-40… Oui, Mademoiselle… Bonjour… c’est moi… non, non… une seconde seulement, c’était pour m’excuser de tant de grossièretés accumulées en un seul jour… J’avais peur tout à coup que vous m’en vouliez… Merci… merci… chérie… J’ai réfléchi, vous savez, je viendrai samedi… C’est entendu… oui, oui… vous avez raison… bien sûr !… Il faut se distraire… alors je vous laisse… Oh ! vous savez, ils se valent tous… au bout de vingt ans d’expérience, j’ai constaté qu’ils finissent toujours par vous casser les cheveux avec l’ondulation… Oui, le mien habite avenue, avenue Wagram, mais il ne vaut pas mieux que les autres, je ne vous le recommande pas !… au revoir… ah ! dites-moi, au fait, si je ne vous revois pas d’ici