Page:Bataille - Théâtre complet, Tome 8, 1922.djvu/349

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tion de personne, qu’une dame désire lui parler… Conduisez-le ici directement.


LE DOMESTIQUE.

Entendu, Madame… Si ce Monsieur demande de la part de qui, dois-je…


HONORINE, (en redescendant les marches.)

Ne dites pas mon nom… dites que vous ne me connaissez pas.


LE DOMESTIQUE, (en bas.)

C’est tout ?


HONORINE.

Oui, merci… (Le domestique sort. Un quatuor à cordes attaque. Elle va à la glace de la vasque s’arranger, mettre du rouge, un peu de poudre, du crayon noir aux yeux. Puis elle éteint quelques lumières, en cherchant les commutateurs, les lumières du haut, notamment. Ensuite, elle revient à la loggia comme précédemment et, dissimulée toujours, regarde.) Mais il se trompe, l’animal ! Ce serait un comble !… Ah ! non… voilà !…

(Elle inspecte d’un coup d’oeil la pièce, le champ de bataille pour ainsi dire. Afin d’obtenir plus d’intimité et étouffer la musique, elle tire, en faisant attention au bruit, la porte à coulisse, d’un côté seulement. De l’autre, elle tire la portière, comme si elle marquait l’intention de se dissimuler derrière. Ensuite, elle redescend à moitié, tend l’oreille pour écouter si l’on monte. Puis, brusquement, à un bruit entendu, elle remonte vite les marches et se poste effectivement sur le balcon de la loggia, en laissant retomber derrière elle la tapisserie. La scène reste vide un instant.)

LE DOMESTIQUE, (entrant par la porte de la galerie.)

C’est ici, Monsieur.


JUSSIEUX.

Mais je ne vois personne.