Page:Bataille - Théâtre complet, Tome 8, 1922.djvu/96

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main, ce sera un autre bouquet, et puis ce sera encore un autre… Et je trouverai encore des lettres dans tes poches… et dans tes paquets de tabac… Ah ! ce n’est pas une vie !


MAURICE, (avec un geste tendre.)

Mais je suis désolé, mon chouchou adoré, je suis désolé. C’est de la folie de se mettre dans des états pareils… Ne pleure pas, voyons ! Je te jure que je ne répondrai pas à l’envoi romanesque de ce bouquet. Je te jure que je me moque de Myrtille Deneige, comme de n’importe quelle autre poule. Je n’aime que toi. Embrasse-moi, embrasse-moi vite…


ALINE.

Il ne peut pas sortir sans récolter le suffrage de toutes les femmes !… S’il ne vivait pas retiré, ah ! tu as raison, Loute, quelle célébrité il deviendrait !


RAYMOND.

Vous n’avez qu’une ressource, Mademoiselle Aline, c’est de lui flanquer une bouteille de vitriol par la figure… si le cœur vous en dit !

(Dans le Palais-Royal, on entend les cris des vendeurs de journaux.)

LE JOCKEY, (lâchant Maloute, avec laquelle il flirtait de près.)

Hé là !… Hé là !… Vous entendez ?… Journaux du soir !… Envoyez la bonne chercher un numéro ; faut absolument voir le discours de papa Rantz !

(Il imite un bruit de bouteille débouchée en signe d’Evohé.)

MAURICE.

Nathalie ! Descendez acheter les journaux du soir tout de suite ! Vite !… Petite pochetée, va ! Regarde-moi. C’est fini, tu me crois ?