Page:Bataille - Théâtre complet, Tome 9, 1922.djvu/111

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MARCELLE.

Tu n’es pas malheureuse ?


EDWIGE.

Pourquoi le serais-je ?


MARCELLE.

On ne sait jamais avec toi ! Tu m’as tant de fois inquiétée.


EDWIGE.

Je t’ai inquiétée ?


MARCELLE, (gravement.)

Oui, et tu ne t’en es pas doutée ! Souvent, j’ai eu peur de toi, si peur !…


EDWIGE.

Vraiment ! À quel point de vue ?


MARCELLE, (après une hésitation.)

Oh ! ce serait fou à te raconter…


EDWIGE.

Je ne comprendrais pas ?


MARCELLE.

Si tu comprendrais, très bien, extrêmement bien, mais c’est inutile… et puis j’ai été rassurée amplement, depuis lors ! Je t’ai mieux approfondie et, en vivant côte à côte, comme des égales, j’ai mieux compris que toutes ces bizarreries devaient être mises sur le compte de la race. Je me souviens que, quand j’étais petite, maman elle-même avait de ces nuances étranges, incompréhensibles. Elle a changé au contact de papa… Qu’est-ce que tu as à rire ?


EDWIGE.

C’est ta façon de dire « papa ». Je trouve cette expression si drôle en parlant de cette sorte de