Page:Bataille - Théâtre complet, Tome 9, 1922.djvu/161

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BOUGUET.

Je n’en sais rien.


EDWIGE.

Que va-t-il faire, mon Dieu ?


BOUGUET.

Qu’importe, maintenant !… Que viens-tu de dire, malheureuse !… Tu viens de briser l’existence entière de ce brave homme !


EDWIGE.

Oui, tout est fini ! Je vais payer aussi de ma vie l’aveu de mon amour, mais il me brûlait, il m’étouffait trop… L’existence que je menais était impossible. Il y a des minutes où la franchise vous empoigne…


BOUGUET.

Et tu n’as pensé qu’à toi ! Tu n’as pensé ni à ma femme ni à ton mari !… À l’heure peut-être où j’allais sauver cet ami, où je pouvais le ramener à la rive… car j’en sentais encore le pouvoir… ton cri perfide est venu !…


EDWIGE, (l’interrompant.)

Ah ! taisez-vous ! taisez-vous ! J’ai peur tout à coup. Une peur affreuse. Ah ! pas pour moi ; pour vous. J’y songe ! S’il allait vous tuer. Il semblait hors de lui.


BOUGUET.

Si tu savais le mépris que j’ai de la mort !


EDWIGE.

Allez-vous-en… allez-vous-en !


BOUGUET.

Non, certes, je ne me déroberai pas !


EDWIGE.

Allez-vous-en ! Dieu ! que j’ai peur ! C’est ef-