Page:Bataille - Théâtre complet, Tome 3, 1922.djvu/167

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convoi de condamnés politiques. Ils m’ont arraché une main. Courage pour la cause. »


DEUXIÈME PRISONNIER.

C’est signé ?


PREMIER PRISONNIER.

Pelkine.


LE VIEILLARD.

Oui, j'en ai entendu parler autrefois… II a écrit cela pour nous.


KRILITZOF, étendu, à Maria.

Regarde, Maria, nous n’avons pas le droit de nous plaindre… D’autres nous ont montré la route.


MARIA, souriant.

Est-ce que je me plains… non. Il y a des gens à soigner, des camarades à réconforter…


KRILITZOF.

Ah ! Maria, tu aurais été une belle révolutionnaire.


NOWODOROFF, qui passait la pipe aux dents.

Elle ? elle n’a aucun mérite… Elle s’est consacrée au sport de la bienfaisance… C’est par hygiène.


MARIA.

Il y a du vrai dans ce que dit Nowodoroff avec l’air de rire.


NOWODOROFF, lui mettant la main sur l'épaule.

Ne te vante pas… Tu es une belle âme, ma fille…

(Il s’en va avec un geste.)