Page:Bataille - Théâtre complet, Tome 3, 1922.djvu/245

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IRÈNE.

Je ne suis pas leur confesseur ; je ne suis que leur amie.


MADAME CHADEAUX.

Madeleine, veux-tu jouer du piano, mon enfant ?

(Madeleine s’éloigne, sur cet ordre, et va s’asseoir au piano.)

IRÈNE, (bas à Colette.)

Oh ! mais… elle abuse !…


MADAME CHADEAUX, (intentionnellement.)

Cette camaraderie avec ses risques et périls s’explique parce que c’est ici une maison sans fille… et ça se sent ! S’il y en avait une, ah, comme tout serait changé ! Vous auriez eu à protéger sa pudeur, sa délicatesse, vous auriez été obligée à plus de retenue.


IRÈNE.

Avec des garçons la vie est plus franche ! Alors je bénis le ciel de ne m’avoir pas donné de fille, rien qu’à la pensée, en effet, de l’éducation qu’il eût fallu lui inculquer, à la pauvre petite ! toute cette ennuyeuse mise en scène dont se compose la jeunesse de nos filles, jusqu’à leur délivrance…


COLETTE.

Seigneur !… Qu’entends-tu par la délivrance d’une jeune fille ?…


IRÈNE.

Mais cette cérémonie de Zoulous qu’on appelle la journée du mariage.