Page:Bataille - Théâtre complet, Tome 6, 1922.djvu/172

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veux !… Et si je le croise en sortant, tant mieux !… Va donc !… va donc !… Laisse-moi partir seule.

(Dans la brève poussée il a obéi. Il s’est glissé dans la chambre de Dianette. Fanny éteint brusquement la dernière lumière et se cache dans le fond de la pièce. Elle attend anxieuse… Un moment se passe… Tout à coup la porte d’entrée grince doucement et s’entr’ouvre, avec une précaution infinie… Gaston de Charance pénètre avec précaution, passe la tête, regarde, puis n’entendant rien, ne voyant rien, pénètre de quelques pas dans la pièce. Fanny donne brusquement l’électricité. Gaston de Charance sursaute, se retourne et voit Fanny.)


Scène IV


FANNY, GASTON


FANNY.

Parfaitement… moi !… Vous ne comptiez pas me trouver…


GASTON.

En effet.


FANNY.

De quel droit entrez-vous ici ? Comment osez-vous ouvrir cette porte, vous introduire comme un voleur… dans quel lâche dessein de meurtre ?… Ah ! mais, j’étais là… je vous avais promis d’y être. Je suis exacte, n’est-ce pas ?… Avouez que vous ne m’auriez pas crue aussi prompte.


GASTON.

En effet, je vois quel gardien il a placé à leur porte. C’est vous qui les protégez !


FANNY.

Et vous qui m’y forcez ! Ah ! pas un mot de raillerie, malheureux !… Si j’ai abdiqué toutes mes pudeurs d’épouse, toute ma dignité de femme,