Page:Bataille - Théâtre complet, Tome 9, 1922.djvu/100

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der profondément pardon d’avoir douté de toi une seconde, même une seconde, Laurent. Je suis ineffablement heureuse, aujourd’hui… et quelle honte j’éprouve de mon soupçon de tout à l’heure ! Jamais je n’ai senti la beauté de notre union comme aujourd’hui où, d’une part, elle est acclamée, et, de l’autre, on voulait la ternir… Comme je t’aime mieux… et plus fort !


BOUGUET, (à voix étouffée.)

Et comme je te vénère !


MADAME BOUGUET, (essuie brusquement une larme et se retournant.)

Regarde-les… ce sont de vrais enfants. Tu vois, ils n’osent même pas se parler. Edwige ! Blondel ! Venez ici ! Fermez la porte… (Blondel ferme définitivement la porte du couloir, sur les élèves assemblés, et s’avance, seul, gêné, avec Edwige. Hervé reste au fond à maintenir la porte.) Allons, mes enfants, regardons-nous bien en face, et vous, Blondel, ne souriez pas ironiquement de mon émotion. D’ailleurs, nous n’avons pas envie de sourire. C’est très beau… c’est très bien qu’une telle journée puisse avoir lieu. Je ne vous souhaite qu’une chose, c’est que vous formiez (Elle regarde son mari, puis s’appuie doucement sur son épaule.) un couple comme le nôtre, indissoluble, sans une tache, sans une ombre. Que la vie soit pour vous, mes enfants, une route droite et claire… comme a été la nôtre… comme elle le sera jusqu’au bout… Ce bonheur-là, c’est la plus grande beauté !


HERVÉ, (criant de loin.)

Pas moyen de les empêcher… Ils forcent la porte…

(Tous les élèves font irruption en criant : « Vive le Maître ! Vive Madame Bouguet !… »)

RIDEAU