Page:Bataille - Théâtre complet, Tome 9, 1922.djvu/356

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J’ai voulu le rapprocher de vous, le ramener à vous !


ÉVELINE.

C’est vrai !… Parce que vous saviez qu’il ne m’aimait pas !… C’était contre votre rivale que vous poussiez la femme légitime.


FRÉDÉRIQUE.

Ma rivale ?… Mais jamais, jamais, je le jure, je n’ai été la maîtresse de Julien.


ÉVELINE, (partant cette fois d’un grand éclat de rire amer.)

Ça, par exemple ! Vouloir me faire croire ça. Alors, c’est à rire !… Il est vrai que je vous avais ouvert un tel crédit de naïveté !… Mais, maintenant, vous passez la mesure ! Prétendre que vous n’avez pas été sa maîtresse !…


JULIEN ET FRÉDÉRIQUE, (ensemble.)

Jamais !


ÉVELINE, (outrée.)

Mais, vous ne comprenez donc pas que ce sont des lettres de Julien lui-même que je viens de lire, que j’ai là entre les mains !… Une lettre de Julien, interceptée ou non, avec votre nom sur l’enveloppe… datée même de l’année dernière… du mois de juin… une lettre pleine de mots d’adoration… Tenez ! tenez, lisez !

(Elle les lui met sous le visage.)

FRÉDÉRIQUE, (faiblissant, déconcertée.)

Mais, j’ignore, Éveline… Je ne l’ai jamais reçue, cette lettre !