Page:Beauchamp - Mémoires secrets et inédits pour servir à l’histoire contemporaine, tome 2.djvu/141

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Nous y entrâmes le 14 septembre ; mais les Russes l’avaient abandonnée, et cette immense cité ne présentait plus qu’un vaste désert couvert de ruines et de cendres. Le comte Rostopchin y avait fait mettre le feu par des malfaiteurs auxquels on avait rendu la liberté et délivré des mèches incendiaires, avec ordre de n’épargner aucun édifice public, ni particulier. Cet ordre barbare ne fut que trop bien exécuté. Plus de vingt mille malades ou blessés, que l’hôpital renfermait, périrent consumés ; sur huit mille maisons, sept ou huit cents seulement étaient encore debout. Le ravage des flammes ne cessa que dans la soirée du 20.

Nous arrêtâmes quelques-uns de ces misérables incendiaires qui nous furent signalés par l’indignation publique, et nous les livrâmes aux habitans, qui les accrochèrent aux poteaux des réverbères.

En entrant dans Moscou, je fus assez heureux pour sauver la vie à trois dames, qui auraient infailliblement péri. Elles étaient