Page:Beauchamp - Mémoires secrets et inédits pour servir à l’histoire contemporaine, tome 2.djvu/323

La bibliothèque libre.
Aller à la navigation Aller à la recherche
Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.


Quand nos longues querelles seront assoupies et que la raison pourra se faire entendre, la patrie n’aura-t-elle pas besoin de tous ses enfans ? Ah ! général, essayez de la clémence ; si vous en sentiez une fois les douceurs, vous jouiriez bien mieux de votre gloire ; vous serviriez mieux votre pays par un acte conservateur, que par mille victoires achetées avec du sang français. »

Hoche alléguant les difficultés qu’opposeraient les délégués du directoire, qui regardait les émigrés comme étant toujours un sujet de troubles, madame de Turpin s’offrit elle et ses enfans comme otages et caution de la conduite des émigrés dans cette circonstance. Ce fut alors que Hoche lui dit : « Madame, j’aurais bien mauvaise opinion des royalistes s’ils n’avaient pas pour vous l’estime que vous m’inspirez à moi-même. Eh bien ! reprend ce général, dont l’âme était élevée, je veux vous témoigner la considération que m’inspire le caractère de votre mission. Pour ne pas vous exposer à de