Page:Beauchamp - Mémoires secrets et inédits pour servir à l’histoire contemporaine, tome 2.djvu/328

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Hoche, sur la demande de madame de Turpin, venait de nommer commissaire civil pour l’expédition des passe-ports aux officiers émigrés. Tous trois se présentèrent chez ce fonctionnaire public, qui, prenant la parole et s’adressant à madame de Turpin, lui dit : « Le général a dû vous signifier que les émigrés ne peuvent rester en France, et qu’il faut qu’ils en sortent à l’instant. — Oui, monsieur, lui répondit-elle ; mais avez-vous la certitude qu’il ne leur arrivera rien en route, et que le malheur sera respecté dans leur personne ? — Il ne peut rien leur arriver, répliqua Delmas, puisque le général a donné sa parole. — Il l’avait donnée à Quiberon, s’écrie alors madame de Turpin, et vous avez fait feu sur l’élite de la marine française ! » Le commissaire et le général restèrent interdits. Mais, se hâtant de justifier le général Hoche, elle ajouta du fond de son cœur : « Que Dieu soit loué, messieurs ; le général n’y fut pour rien. Vous tiendrez votre parole, général, et nous la nôtre. »