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LETTRES DE VOYAGE

teresse, qui défend l’entrée du canal et près d’elle une batterie de canons de tous calibres, gardés par des soldats Tunisiens, qui tricottent tranquillement des bas de laine, assis sur les affûts, et qui se lèvent, sans cérémonie, pour présenter les armes aux officiers qui passent. Tout cela est du plus haut comique.

L’Arsenal est affecté en partie au bagne ; les forçats liés deux à deux par d’énormes chaînes circulent dans la ville qu’ils sont chargés de nettoyer. Le Bey possède à la Goulette un palais qu’il habite pendant huit mois de l’année.

Tunis “la verte” “la bien gardée, ” “l’odorante, ” “la fleurie, ” “la blanche, ” capitale de la Régence du même nom, est située sur le penchant d’une colline au fond d’un golfe de six lieues de circonférence qui communique avec la mer par l’étroit canal de la Goulette.

Tunis date probablement de la même époque que Carthage ; mais, absorbée qu’elle était par sa puissante voisine, elle ne devait avoir que très peu d’importance. Lorsque Carthage, qui avait été rasée, puis reconstruite par les Romains, fut à la fin du VIIe siècle définitivement détruite par les Arabes, Tunis, qui avait été successivement prise par les