Page:Beaumarchais - Œuvres complètes, Laplace, 1876.djvu/256

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Figaro, en riant.

Aucun n’a eu cette joie-là.



Scène XIV

Les acteurs précédents, LE COMTE, CHÉRUBIN.

Le Comte, parlant dans le pavillon, et attirant quelqu’un qu’on ne voit pas encore.

Tous vos efforts sont inutiles ; vous êtes perdue, madame, et votre heure est bien arrivée ! (Il sort sans regarder.) Quel bonheur qu’aucun gage d’une union aussi détestée…


Figaro s’écrie.

Chérubin !


Le Comte.

Mon page ?


Basile.

Ha ! ha !


Le Comte, hors de lui. (À part.)

Et toujours le page endiablé ! (À Chérubin.) Que faisiez-vous dans ce salon ?


Chérubin, timidement.

Je me cachais, comme vous me l’avez ordonné.


Pédrille.

Bien la peine de crever un cheval !


Le Comte.

Entres-y, Antonio ; conduis devant son juge l’infâme qui m’a déshonoré.


Brid’oison.

C’est madame que vous y-y cherchez ?


Antonio.

L’y a, parguenne, une bonne Providence ! vous en avez tant fait dans le pays…


Le Comte, furieux.

Entre donc !

(Antonio entre.)



Scène XV

Les acteurs précédents, excepté ANTONIO.

Le Comte.

Vous allez voir, messieurs, que le page n’y était pas seul.


Chérubin, timidement.

Mon sort eût été trop cruel, si quelque âme sensible n’en eût adouci l’amertume.



Scène XVI

Les acteurs précédents, ANTONIO, FANCHETTE.

Antonio, attirant par le bras quelqu’un qu’on ne voit pas encore.

Allons, madame, il ne faut pas vous faire prier pour en sortir, puisqu’on sait que vous y êtes entrée.


Figaro s’écrie.

La petite cousine !


Basile.

Ha ! ha !


Le Comte.

Fanchette !


Antonio se retourne et s’écrie :

Ah ! palsambleu, monseigneur, il est gaillard de me choisir pour montrer à la compagnie que c’est ma fille qui cause tout ce train-là !


Le Comte, outré.

Qui la savait là-dedans ?

(Il veut rentrer.)

Bartholo, au-devant.

Permettez, monsieur le comte, ceci n’est pas plus clair. Je suis de sang-froid, moi.

(Il entre.)

Brid’oison.

Voilà une affaire au-aussi trop embrouillée.



Scène XVII

Les acteurs précédents, MARCELINE.

Bartholo, parlant en dedans, et sortant.

Ne craignez rien, madame, il ne vous sera fait aucun mal. J’en réponds. (Il se retourne et s’écrie :) Marceline !…


Basile.

Ha ! Ha !


Figaro, riant.

Hé ! quelle folie ! ma mère en est ?


Antonio.

À qui pis fera.


Le Comte, outré.

Que m’importe à moi ? La comtesse…



Scène XVIII

Les acteurs précédents, SUZANNE.
Suzanne, son éventail sur le visage.

Le Comte.

… Ah ! la voici qui sort. (Il la prend violemment par le bras.) Que croyez-vous, messieurs, que mérite une odieuse…

(Suzanne se jette à genoux la tête baissée.)

Le Comte.

Non, non.

(Figaro se jette à genoux de l’autre côté.)

Le Comte, plus fort.

Non, non.

(Marceline se jette à genoux devant lui.)

Le Comte, plus fort.

Non, non.

(Tous se mettent à genoux, excepté Brid’oison.)

Le Comte, hors de lui.

Y fussiez-vous un cent !



Scène XIX

Tous les acteurs précédents, LA COMTESSE sort de l’autre pavillon.

La Comtesse se jette à genoux.

Au moins je ferai nombre.