Page:Beaumarchais - Œuvres complètes, Laplace, 1876.djvu/258

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Figaro.
Troisième couplet.

Jean Jeannot, jaloux risible,
Veut unir femme et repos ;
Il achète un chien terrible,
Et le lâche en son enclos.
La nuit, quel vacarme horrible !
Le chien court, tout est mordu,
Hors l’amant qui l’a vendu. (Bis.)


La Comtesse.
Quatrième couplet.

Telle est fière et répond d’elle,
Qui n’aime plus son mari ;
Telle autre, presque infidèle,
Jure de n’aimer que lui.
La moins folle, hélas ! est celle
Qui se veille en son lien,
Sans oser jurer de rien. (Bis.)


Le Comte.
Cinquième couplet.

D’une femme de province,
À qui ses devoirs sont chers,
Le succès est assez mince :
Vive la femme aux bons airs !
Semblable à l’écu du prince,
Sous le coin d’un seul époux,
Elle sert au bien de tous. (Bis)


Marceline.
Sixième couplet.

Chacun sait la tendre mère
Dont il a reçu le jour ;
Tout le reste est un mystère,
C’est le secret de l’amour.


Figaro continue l’air.

Ce secret met en lumière
Comment le fils d’un butor
Vaut souvent son pesant d’or. (Bis.)

Septième couplet.

Par le sort de la naissance,
L’un est roi, l’autre est berger ;
Le hasard fit leur distance ;
L’esprit seul peut tout changer.
De vingt rois que l’on encense,
Le trépas brise l’autel ;
Et Voltaire est immortel. (Bis.)


Chérubin.
Huitième couplet.

Sexe aimé, sexe volage,
Qui tourmentez nos beaux jours
Si de vous chacun dit rage,
Chacun vous revient toujours.
Le parterre est votre image :
Tel paraît le dédaigner,
Qui fait tout pour le gagner. (Bis.)


Suzanne.
Neuvième couplet.

Si ce gai, ce fol ouvrage,
Renfermait quelque leçon,
En faveur du badinage
Faites grâce à la raison.
Ainsi la nature sage
Nous conduit, dans nos désirs,
À son but par les plaisirs. (Bis.)


Brid’oison.
Dixième couplet.

Or, messieurs, la co-omédie,
Que l’on juge en cè-et instant,
Sauf erreur, nous pein-eint la vie
Du bon peuple qui l’entend.
Qu’on l’opprime, il peste, il crie,
Il s’agite en cent fa-açons :
Tout fini-it par des chansons. (Bis.)

(Ballet général.)