Page:Beaumont - Marie ou l’esclavage aux États-Unis, éd. Gosselin, 1840.djvu/396

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Chez nous, on le coupe pour s’en servir ; en Amérique, pour le détruire. L’habitant des campagnes passe la moitié de sa vie à combattre son ennemi naturel, la forêt ; il le poursuit sans relâche ; ses enfants en bas âge apprennent déjà l’usage de la serpe et de la hache. Aussi l’Européen, admirateur des belles forêts, est-il tout surpris de trouver chez les Américains une haine profonde contre la végétation des arbres. Ceux-ci poussent si loin ce sentiment, que, pour embellir leurs maisons de campagne, ils anéantissent les arbres et la verdure dont elles sont environnées, et n’imaginent rien de plus beau qu’une habitation située dans une plaine rase, où pas un arbre ne se montre. Il importe peu qu’on y soit brûlé par le soleil, sans asile contre ses rayons : l’absence de bois est, à leurs yeux, le signe de la civilisation, comme les arbres sont l’annonce de la barbarie. Rien ne leur semble moins beau qu’une forêt ; en revanche, ils n’admirent rien plus qu’un champ de blé.

PAGE 159. — * L’île du Français. Tel est en effet le nom de cette île, et la description qu’en donne l’auteur dans le texte est parfaitement exacte. J’ai eu la curiosité de la visiter, et je l’ai parcourue dans toute son étendue. Le nom qu’elle porte lui vient du séjour assez long, qu’y a fait une famille française, réfugiée aux États-Unis après la révolution de 1789. À cette époque, les bords du lac étaient entièrement sauvages, et habités par une tribu d’indiens oneidas dont le lac tient son nom. La tradition du pays rapporte que cette famille infortunée, qui fuyait la société des hommes, eut à souffrir de grandes misères au sein de sa retraite solitaire. J’ai retrouvé l’emplacement qu’occupait l’habitation dans la partie Est de l’île. On le reconnaît à quelques mouvements de terrain, et à la présence d’arbres fruitiers qui ne sont pas de nature sauvage.

Dois-je me justifier d’avoir pris plaisir à parcourir une île déserte, d’en avoir exploré les moindres parties, et de rendre compte ici de mon excursion ? — Malgré sa beauté naturelle, cette île ne m’offrait par elle-même qu’un faible intérêt ; mais un homme y a vécu, et cet homme était Français, malheureux et proscrit !

PAGE 164. *, **, *** et ****.

  • Pépin le Bref…

Le lac Pépin, que traverse le Mississipi, a reçu son nom des premiers Français qui ont exploré cette contrée à peine connue de nos jours. Ce n’est point au hasard et par un pur caprice qu’ils