Page:Bedier - La Chanson de Roland.djvu/269

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CCXXXII

L’ÉM1R chevauche par les rangs de ses troupes. Son fils le suit, à la haute stature. Le roi Torleu et le roi Dapamort établissent sur l’heure trente corps de bataille : ils ont des chevaliers en nombre merveilleux : le moindre corps en compte cinquante mille. Le premier est formé de ceux de Botentrot, et le second de Misnes aux grosses têtes : sur leurs échines, au long du dos, ils ont des soies, tout comme les porcs. Et le troisième est formé de Nubles et de Blos, et le quatrième de Bruns et d’Esclavons, et le cinquième de Sorbres et de Sors, et le sixième d’Arméniens et de Maures, et le septième de ceux de Jéricho, et le huitième de Nigres, et le neuvième de Gros, et le dixième de ceux de Balide la Forte ; c’est une engeance qui jamais ne voulut le bien. L’amiral jure par tous les serments qu’il peut, par les miracles de Mahomet et par son corps : « Bien fou Charles de France, qui chevauche vers nous ! Il y aura bataille, s’il ne se dérobe pas. Jamais plus il ne portera la couronne d’or. »

CCXXXIII

APRÈS ils établissent dix autres corps de bataille. Le premier est formé des laids Chananéens : ils sont venus de Val-Fuiten prenant par la traverse (?) ; le second de Turcs et le troisième de