Page:Bedier - La Chanson de Roland.djvu/317

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bancs sur la place. Là ceux qui doivent combattre vont s’asseoir. Au jugement de tous, ils se sont provoqués selon les règles. C’est Ogier de Danemark qui a porté le double défi. Puis ils demandent leurs chevaux et leurs armes.

CCLXXX

PUISQU’ILS sont prêts à s’affronter en bataille, ils se confessent ; ils sont absous et bénis. Ils entendent leurs messes et reçoivent la communion. Ils laissent aux églises de très grandes offrandes. Puis, tous deux reviennent devant Charles. Ils ont chaussé leurs éperons, ils revêtent des hauberts blancs, forts et légers, lacent sur leurs têtes leurs heaumes clairs, ceignent des épées dont la garde est d’or pur, suspendent à leurs cous leurs écus à quartiers, saisissent de leurs poings droits leurs épieux tranchants, puis se mettent en selle sur leurs destriers rapides. Alors pleurèrent cent mille chevaliers, qui, pour l’amour de Roland, ont pitié de Thierry. Quelle sera la fin, Dieu le sait bien.

CCLXXXI

SOUS Aix la prairie est très large : là sont mis aux prises les deux barons. Ils sont preux et de grande vaillance, et leurs chevaux sont rapides et ardents. Ils les éperonnent bien, lâchent à fond les rênes. De toute leur vigueur, ils vont s’attaquer l’un l’autre. Les écus se brisent, volent en pièces, les hauberts se déchirent, les sangles