Page:Bentzon - Yette, histoire d'une jeune créole, 1880.djvu/141

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PREMIER ACCUEIL.

rien de rien, « c’était une petite sauvage. » Ces derniers mots, prononcés par Mlle Polymnie, frappèrent entre deux portes l’oreille courroucée de la da.

M. Darcey revint de la Bourse, il embrassa la pauvre Yette et lui demanda si elle pensait pouvoir s’acclimater à Paris. Yette secoua énergiquement la tête de droite à gauche et de gauche à droite, dans un sens évidemment négatif.

« Il le faudra pourtant, reprit-il, vous vous y habituerez tout doucement, ici, auprès de ma fille, si bon vous semble. »

— Oui, dit Mme Darcey de sa voix flûtée, vous resterez chez nous tant que vous voudrez, ma belle, à moins, ajouta-t-elle avec un malicieux sourire, que vous ne préfériez entrer tout de suite en pension.

— Ce n’est pas présumable, s’écria Mlle Polymnie, qui paraissait avoir gardé un médiocre souvenir de l’établissement Aubry.

— Dites, que préférez-vous ? » demanda M. Darcey, toujours pressé.

Yette comptait désormais sur l’inconnu et sur l’avenir, comme font les malheureux en général. Elle répondit, sans hésiter cette fois, qu’elle aimait encore mieux la pension, ce qui était plus sincère

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