Page:Bergerat - Contes de Caliban, 1909.djvu/43

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n’eût pas retenu peut-être, mais est-on Voltaire ?

— Ne plus le revoir, lâchai-je hors de moi, ne plus le revoir ?… Qui vous en empêche ?

Elle se dressa, me regarda, béante…, et je m’enfuis, épouvanté du moyen que je venais de suggérer à cette ouaille fidèle de notre très sainte Église. Afin de se réunir à son bien-aimé, il fallait… oui, il fallait aller délibérément là… où il était… vous savez où !

Le lendemain, je reçus de Mme Arpajou un billet que j’ai gardé, et que je transcris :

« Venez, je me meurs. J’ai à vous parler. — Delphine. »

Avant de monter chez elle et sous prétexte de prendre exactement de ses nouvelles, je m’informai auprès des serviteurs.

— A-t-elle requis un prêtre ? leur demandai-je.

Non seulement elle n’en avait point requis, mais elle avait refusé de recevoir celui, son confesseur même, qui s’était présenté pour l’oindre du viatique.

— Vous venez à point, sourit-elle, je n’en ai plus que pour une heure ou deux. Asseyez-vous, donnez-moi la main, et voyez comme je suis heureuse !… Je vais le revoir !… Et c’est à vous que je devrai ma félicité éternelle…. Merci.