Page:Bergerat - Souvenirs d’un enfant de Paris, vol. 3, 1912.djvu/224

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verselle, sous le titre de : Galerie de Peinture, entre les dix toiles de l’envoi du maître. Il est en marbre blanc veiné de rose, comme les marches de la pièce d’eau des Suisses à Versailles et les musées yankees, à New York, — et le reste à l’avenant. Il y a des curules en ivoire « du temps » où l’on est assis comme le poulet de l’éditeur, c’est-à-dire : mal assis, et qui consolent de ne pas être sénateur antique.

Sur le chevalet une aquarelle, où, sur les degrés d’une terrasse de villa se délinéamente une patricienne en ballade. — Fabiola ? demandé-je. — Si vous voulez, accorde-t-il, en allumant sa pipe, une pipe allemande en porcelaine, à couvercle.

Comment, la pipe, après le piano et la photographie, à Rome, sous Auguste ! Qui trompe-t-on ici ? Je réclame une explication, et, gaiement, à grosses bouffées, il me la donne, comme Pater Æneas, au deuxième chant.

— Voici. Je suis né à Drowrijp, dans la Frise, le 8 janvier 1836. Mon nom de Tadema est purement batave comme celui d’Hobbema du reste, mon compatriote. On les signale déjà tous les deux dans les vieilles légendes frisonnes de l’immersion du Zuyderzée, au treizième siècle. Quand on desséchera le Zuyderzée, on y retrouvera dans les sables une atlantide de quatre-vingts villes dévorées par un raz de marée !… — Broum, broum, interrompt de Nittis, hâtons-nous de vivre !… — Quant à : Alma, mon préfixe, je n’en dois rien aux saints du calendrier ni à l’Université Alma Parens ni à Beaumarchais, Almavira : c’est le nom propre de mon parrain, que j’ai ajouté au mien, selon l’usage en Hollande. Et mon père était notaire. — Condoléances ! —