Page:Bergerat - Souvenirs d’un enfant de Paris, vol. 4, 1913.djvu/146

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II

UNE PRÉFACE FAMEUSE


« Voici un poème dramatique d’un éclat éblouissant, compliqué et mystérieux, dont le succès est assuré d’avance, parce qu’il répond, non pas à un besoin, mais, ce qui est bien plus, à une aspiration ardente, à un désir effréné. — Oui, empêtrés dans les niaiseries d’un théâtre incolore et d’une littérature vulgaire et mercantile, nous voulons à grands cris une œuvre où se trouve réuni tout ce dont nous avons soif, l’héroïsme, l’idéal, l’outrance (pour nous faire oublier tant de platitudes !) et cette étrangeté troublante sans laquelle comme le dit si bien Edgar Poe, la beauté rajeunie et transfigurée ne saurait nous plaire, et cette modernité que réclame impérieusement le siècle de Balzac.

« Eh bien, cette œuvre si douloureusement réclamée, la voici, étrange, originale, nouvelle, puissamment créée, jaillie comme l’éclair, écrite en vers larges, ingénieux, curieux, étincelants des ors, des pierreries et des inépuisables richesses de la Rime, et en même