Aller au contenu

Page:Bergerat - Théophile Gautier, 1879, 2e éd.djvu/290

La bibliothèque libre.
Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.
250
THÉOPHILE GAUTIER.

tres n’a su profiter de ce superbe modèle, et nous n’aurons pas de Théophile Gautier un portrait historique. Celui que M. Bonnegrace exposa en 1861 a de sérieuses qualités ; mais c’est le Gautier familial et bourgeois. Il ne rend qu’un des côtés intimes du modèle. Deux aquafortistes seulement me paraissent avoir compris la rare beauté plastique de la figure du poëte, MM. Bracquemond et Jacquemart. Le premier a publié dans l’Artiste une eau-forte d’après une photographie de Nadar, qui est un chef-d’œuvre d’après un chef-d’œuvre. Un autre portrait de Théophile Gautier, entre vingt-quatre et vingt-six ans, lestement enlevé à la mine de plomb par Théodore Chassériau, et légué par le poëte à Mme Carlotta Grisi, mérite d’être encore signalé. Gautier avait pour lui une préférence marquée. C’était celui-là qu’il montrait quand il voulait nous prouver qu’il avait été fort beau dans sa jeunesse. Il a été gravé pour l’Artiste par M. A. Bodin, et l’Art l’a fait reproduire pour ses lecteurs. Quant au médaillon exécuté par M. Jules Jacquemart pour l’édition définitive d’Émaux et Camées, on a pu dire qu’il était, lui aussi, définitif.

Mais peut-être y aurait-il là pour l’administration des beaux-arts l’occasion d’une commande sympathique à tous ceux que touchent les intérêts de l’art et de la gloire nationale.

L’abbé de Montesquiou, l’ancien ministre de